Appel à candidatures : Chargé de recherche en histoire de l’art H/F (Sciences Po Paris)

Le chargé ou la chargée de recherche devra conduire diverses recherches de fond dans le cadre de la préparation d’une exposition sur la grippe « espagnole », ses représentations, en particulier visuelles, et sa mémoire. Le projet est mené en partenariat avec l’Institut Ad Memoriam, projet international de recherche en sciences humaines et sociales et en santé portant sur la mémoire des crises, dans le cadre de l’accord-cadre université Paris Cité/Sciences Po. Prévue pour le printemps 2028, cette exposition se tiendra dans le lieu de mémoire dédié à la pandémie de la covid 19 de l’Institut Ad Memoriam (université Paris Cité), 12 rue de l’École de Médecine, à Paris.En collaboration avec Thibault Boulvain, Assistant Professor en histoire de l’art à Sciences Po, et commissaire de l’exposition, la personne recrutée sera amenée à consulter des fonds documentaires, en archives, en bibliothèque ; à réfléchir la constitution d’un corpus ; à penser la mise en exposition d’une réflexion ; à rédiger des textes et notices.

Plus d’informations ici.

Appel à communications – 2e édition de Historical Materialism Paris : “Le nouveau monde. Impérialisme, fascisme et lutte des classes”

Date : 1-3 juillet 2027

Lieu : Paris

Date limite pour faire une proposition : 2 novembre 2027

Intensification des conflits armés – du Venezuela à l’Iran, en passant par la Palestine et l’Ukraine – et montée en puissance des mouvements néo-fascistes – tant en France qu’au Brésil, en Inde et aux États-Unis : le nouveau monde ressemble fortement à l’ancien. La première édition d’Historical Materialism Paris, à laquelle avaient participé plus de 1 200 personnes en 2025, avait placé au cœur des débats la dynamique de la catastrophe et les moyens de la conjurer. Plus que jamais, il est aujourd’hui nécessaire de renforcer l’analyse marxiste des logiques impérialistes et de la progression des courants fascistes et autoritaires, et de ce qu’elles révèlent des tendances longues du capitalisme et des transformations de l’antagonisme de classe. Ce sera l’enjeu central de Historical Materialism Paris 2027, qui accueillera aussi des communications variées sur divers aspects de l’analyse marxiste (voir Axes).

Comment analyser cette radicalisation des tensions ? En quoi est-elle liée à une transformation des rapports de classe ? Quels sont ses effets sur les conditions matérielles d’existence et les formes de luttes qui émergent contre les lois mortifères du profit ? Autrement dit, comment peut-on articuler l’analyse de la montée des extrêmes-droites et des tensions impérialistes avec les dynamiques contemporaines de la lutte des classes ? Comment l’accroissement des concurrences et rivalités inter-impérialistes, l’augmentation des budgets militaires et le retour de logiques militaristes reconfigurent-t-ils les régimes de travail et les processus d’accumulation du capital ?

Afin d’aborder ces questions, il est impératif de repenser l’imbrication entre lutte des classes et impérialisme, à rebours des nombreuses explications géopolitiques qui attribuent l’éclatement des conflits tantôt à une soif de puissance supposée irrémédiable des États, tantôt aux dispositions momentanées des dirigeants politiques. Ces grilles de lecture – individualisantes et anhistoriques – mystifient les dynamiques à l’œuvre dans la conjoncture mondiale actuelle et désarment les résistances.

L’intensification des guerres et des conflits témoigne ainsi des difficultés croissantes du capital à résoudre ses contradictions (approvisionnement en pétrole et en terres rares, concurrence autour de la maîtrise de l’intelligence artificielle, baisse des profits et nécessité d’accroître l’exploitation). Elle révèle le caractère prédateur du mode de production capitaliste, qui épuise les ressources, accélère le dérèglement climatique et provoque des catastrophes écologiques.

Les effets de ces contradictions se font sentir dans les pays dominés par les puissances impérialistes, premières victimes des guerres et des déplacements de population. Mais elles agissent aussi en retour sur les conditions de vie et de travail dans les pays agresseurs : en alimentant la xénophobie et le racisme, en intensifiant l’exploitation du travail et les attaques contre le travail reproductif, en justifiant les politiques d’austérité au nom des exigences de la militarisation et en restreignant les libertés civiles et l’espace culturel et médiatique. En somme, l’aggravation des logiques impérialistes et les tendances autoritaires, voire fascistes, vont de pair. Cette simultanéité appelle à approfondir l’analyse du triptyque classe, impérialisme, fascisme.

Historical Materialism Paris est un lieu de rencontre et de débats à la croisée entre milieux universitaires et militants. L’analyse de ces dynamiques invite ainsi à poursuivre et mettre à jour les débats sur l’orientation stratégique des luttes sociales. Dans ce contexte de montée des tensions et des périls à l’échelle internationale, où en sont les mobilisations contre l’exploitation et les diverses formes d’oppression ? Que deviennent les cycles et recompositions récents de mobilisations antiracistes, féministes et écologistes ? Et des révoltes populaires, en Iran, en Turquie, en Irlande, au Népal, à Madagascar, au Maroc, ou, encore, aux États-Unis contre l’ICE ? En quoi ces expériences peuvent-elles éclairer les débats stratégiques et nourrir les formes actuelles de lutte contre la guerre, d’organisation et de résistance contre la montée de l’extrême-droite et les régimes autoritaires ou fascistes ?

Nous invitons les intervenant·es – universitaires ou militant·es – à proposer des panels (1 500 mots maximum) ou des communications (300 mots maximum), en français ou en anglais, portant notamment sur le thème général de l’appel ou les axes suivants (en indiquant un axe dans lesquels s’inscrit la proposition), avant le 2 novembre 2027.

Une communication consiste en une proposition d’intervention individuelle. Un panel rassemble trois à quatre propositions d’interventions individuelles, qui portent sur un même sujet ou se caractérisent par des traits communs justifiant l’organisation de leur communication dans une même séance pendant la conférence.

La conférence aura lieu du 1er au 3 juillet 2027 dans une université en région parisienne. Des informations plus précises sur le lieu et les modalités de soumission des abstracts et panels seront communiquées en septembre 2026.

Pour nous contacter : parishistoricalmaterialism@gmail.com. Toute proposition de communication envoyée par mail ne sera pas prise en compte.

Comité d’organisation : Marion Beauvalet, Carlotta Benvegnù, Elsa Boulet, Sebastian Budgen, Benjamin Bürbaumer, Juan Sebastian Carbonell, Alexis Cukier, Yohann Douet, Davide Gallo Lassere, Fanny Gallot, Marina Garrisi, Paul Guilibert, Thierry Labica, Ernest Moret, Ugo Palheta, Anton Perdoncin, Quentin Ravelli, Marlène Rosano-Grange, Gabriel Rosenman, Maud Simonet, Karel Yon

Comité scientifique : Sofia Aouani, Hanna Benssussan, Sophie Béroud, Clémence Clos, Alice de Charentenay, Franck Freitas-Ekué, Isabelle Garo, Cécile Gintrac, François-Xavier Hutteau, Aurore Koechlin, Marie Le Corre, Frédéric Monferrand, Matthieu Renault, Daniel Veron, Nicolas Vieillescazes, Sbeih Sbeih, Alix Stephan

Postdoctorat – “Savoirs et formation en Seine-Saint-Denis” : Université Paris 8 et Université Paris Nanterre

Date limite de candidature : 18 septembre 2026

Le projet vise à mettre au jour et à rassembler les sources (archives de diverses natures) permettant de documenter les actions éducatives en direction d’adultes conduites sur le territoire de l’actuelle Seine-Saint-Denis depuis le XIXe siècle. Ces actions recouvrent différentes initiatives dans les domaines culturel, socio-politique et militant, linguistique, professionnel, etc. Elles ont touché les travailleurs et travailleuses des couches populaires qui se sont installé·es en vagues migratoires successives sur ce territoire et ont accompagné le développement de ses villes. Ce projet interuniversitaire de recherche collaborative a bénéficié du soutien de MSH Paris Nord/Campus Condorcet dans le cadre de leur appel à projets commun “Campus universitaires et territoires” ainsi que de la commission Recherche de l’université Paris 8 et du Laboratoire Interculturalités, Apprentissages, marGes, Expériences (LIAgE).

L’appel ici.

Appel à communications – 4th Biennial European Society for Environmental History (ESEH) Conference

Lieu : Université de Salzbourg

Date : 7-10 septembre 2027

Date limite pour soumettre une proposition : 15 octobre 2026

The European Society for Environmental History (ESEH) is pleased to invite proposals for panel sessions, individual papers, book presentations, posters, roundtables, and more experimental presentation formats for its upcoming biennial conference. The conference theme, Environmental History Beyond Disciplinary Boundaries, aims to highlight and reinforce the interdisciplinary and transdisciplinary nature and culture of environmental history.

Plus d’informations ici.

Poste de post-doctorant sur les fièvres entériques dans la France d’après-guerre (2027-2029) – Université Paris-Cité

Date limite de candidature : 31 juillet 2026

Le projet « Archaeology of Disappeared Pathogens » (ArchPath) retrace les histoires biologiques et sociales étroitement liées de l’endémisme et de l’éradication des fièvres entériques (typhoïde et paratyphoïde B) dans la France d’après-guerre. S’appuyant sur les archives de typage phagique de l’Institut Pasteur, le projet combine des analyses en histoire, en humanités numériques, en microbiologie et en épidémiologie afin de cartographier l’évolution de l’incidence et de la diversité de la typhoïde et de la paratyphoïde à la lumière des mouvements de population de l’après-guerre, des efforts concertés d’éradication et de l’utilisation croissante des antimicrobiens. L’accent sera principalement mis sur la période comprise entre la fin de la Seconde Guerre mondiale et la guerre d’Algérie (1947-1962).

Plus d’informations ici.

Appel à communications – Séminaire « Réseaux d’Idées sur la Santé » – Thème 2026–2027 : Théorie(s) et pratique(s)

Date limite pour faire une proposition : 10 septembre 2026

Le séminaire doctoral mensuel Réseaux d’idées sur la santé (RIS) reprend à la rentrée 2026 avec un nouveau comité d’organisation et une thématique renouvelée : “Théorie(s) et pratique(s)”.

Dans le prolongement de ses neuf premières années d’existence (2017–2026), ce séminaire a pour vocation de rassembler doctorant·e·s, étudiant·e·s en master et soignant·e·s de toutes disciplines du périmètre lyonnais autour d’un même objet d’étude : la santé.
Pensé comme un espace interdisciplinaire en sciences humaines et sociales, le RIS propose un lieu de présentation de travaux, d’échanges et de réflexion, en complément des séminaires proposés par les écoles doctorales et les laboratoires. Il permet à chacun·e de présenter ses recherches, de s’exercer à la prise de parole, et de faire émerger des idées dans un cadre stimulant, bienveillant et collaboratif. 

Thème 2026–2027 : Théorie(s) et Pratique(s)

Cette année, nous vous invitons à explorer les relations entre théorie(s) et pratique(s) dans les domaines de la santé, de la santé publique, et du soin. Théorie et pratique sont souvent présentées comme deux registres distincts : d’un côté, un savoir produit par une activité de l’esprit abstraite et peu préoccupée par l’obtention d’un résultat, de l’autre, l’action comme expérience visant à modifier le réel de façon efficiente, ou à inspirer ou mettre à l’épreuve une théorie.
Mais théorie et pratique entretiennent des rapports complexes de traduction, de tension, d’ajustement et de transformation réciproque. Cette année, le séminaire RIS propose d’explorer les circulations entre théorie et pratique.
Que deviennent les concepts lorsqu’ils sont mis à l’épreuve des situations concrètes ? Comment les pratiques produisent-elles des savoirs, des normes et des formes de réflexivité ? Comment penser les écarts, les résistances et les fécondités propres à cette relation constitutive de toute activité de soin ?
En accueillant des perspectives philosophiques, sociologiques, anthropologiques, historiques, éthiques et soignantes, le séminaire interrogera les multiples manières dont se construisent, se confrontent et se renouvellent les articulations entre savoirs et actions. 

Nous vous invitons à nous adresser vos propositions de contribution avant le 10 Septembre 2026 à l’adresse suivante : RIS_lyon@protonmail.com, avec: 

  • un titre pour votre intervention 
  • un résumé de votre contribution (entre une demi-page et une page maximum) 
  • vos disponibilités parmi les dates 2026-2027 (les séminaires auront lieu les mardis 6 octobre 2026, 3 novembre 2026, 1er décembre 2026, 5 janvier 2027, 2 février 2027, 2 mars 2027, 6 avril 2027, 18 mai 2027, 1er juin 2027), 
  • nous préciser si vous pourriez intervenir en présentiel à Lyon. Nous privilégions les interventions sur place, mais en cas de contraintes, une intervention en visioconférence est également envisageable 
  • enfin nous indiquer un éventuel besoin de défraiement, afin d’en évaluer la compatibilité avec nos contraintes budgétaires 

Nous organiserons une séance de rentrée le mardi 15 septembre de 18h45 à 20h en salle commune de la Faculté de philosophie de l’Université Jean Moulin Lyon 3 (15, quai Claude Bernard, RDC droite). Un lien pour y assister à distance sera disponible.  

Format et fonctionnement

Nous poursuivons un format hybride, avec des séances d’octobre 2026 à juin 2027 (chaque premier mardi du mois, sauf pour le mois de mai, cf. dates ci-dessus), de 18h à 19h30, en présentiel à Lyon 3 (Faculté de Philosophie, salle commune), et possibilité de participation en ligne.
Chaque séance pourra prendre la forme d’une présentation de 20 min à 40 min, suivie de discussion.  

Des formats plus longs, appuyés à des supports particuliers (article, œuvre audiovisuelle, témoignage, etc.). sont également bienvenus, l’objectif étant de favoriser l’échange, l’exploration collective, souple et vivante, et la co-construction des idées.

Le programme et le livre des résumés seront disponibles sur notre carnet Hypothèses : https://seminaireris.hypotheses.org/

Trois contrats postdoctoraux/ ERC Starting Grant ENVIROSHIFT, LARHRA (UMR 5190), Lyon

Date limite de candidature : 21 septembre 2026

Prise de fonction : entre janvier et juin 2027 (date flexible)

ENVIROSHIFT is currently recruiting three Postdoctoral Research Fellows (100%) to join the ERC project.

ENVIROSHIFT examines the history of the Earth sciences in Central Asia and the Caucasus from the late nineteenth century to the end of the Soviet period.

Combining environmental history, the history of science, and the histories of the Russian and Soviet empire, the project investigates how Earth scientists studied, conceptualized, and transformed mountain environments in the context of imperial and Soviet projects of modernization and resource exploitation.

ENVIROSHIFT challenges histories of Soviet science that privilege metropolitan institutions by examining Central Asia and the Caucasus as historically significant sites where Earth scientists studied, conceptualized, and debated environmental change.

At a time when climate change debates increasingly rely on knowledge produced by the Earth sciences, ENVIROSHIFT brings regions often absent from these histories into view and situates Central Asia and the Caucasus within broader global environmental debates.

Plus d’informations ici.

Appel à communications – Journée d’études du SCBC “Quelle autonomie stratégique pour l’Union européenne ? Approches pluridisciplinaires”

Lieu : Bordeaux

Date : 28 janvier 2027

Date limite pour soumettre une proposition : 30 septembre 2026

Apparue en 2013 dans un communiqué de la Commission européenne1, l’autonomie stratégique occupe désormais le premier plan du débat stratégique européen2. Développée dans le contexte des débats liés à la politique de sécurité et de défense commune de l’Union européenne, l’autonomie stratégique désigne dans une première approche la capacité de l’UE « à agir de manière autonome, lorsque c’est nécessaire, là où c’est nécessaire, et avec leurs partenaires dans tous les cas où c’est possible3 ». Autrement dit, la notion a dans un premier temps un domaine d’application clairement identifié, puisqu’il s’agit, pour les Européens, d’« assumer davantage la responsabilité de leur défense4 ». Cependant, à la faveur de la pandémie de la COVID-19, la notion d’autonomie stratégique a pu être redéployée pour interroger l’ouverture économique de l’Union. Le rapport établi par M. Draghi sur la compétitivité européenne fournit un exemple topique de l’intérêt que peut représenter l’autonomie stratégique pour penser les stratégies énergétiques, industrielles ou commerciales européennes5.

Alors que l’environnement stratégique de l’UE est malmené par le retour de la compétition de puissance et par la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine, l’autonomie stratégique semble dès lors être devenue un principe destiné à organiser et déterminer les politiques conduites par l’Union et ses États membres6.

L’extension du champ d’application de l’autonomie stratégique conduit nécessairement à questionner sa cohérence et sa définition. Or, compte tenu de l’importance que semble prendre l’autonomie stratégique européenne, il semble important d’en préciser la définition et les implications.

Dans cet esprit, le Centre d’excellence Stratégie & Conflits Bordeaux Campus organise le 28 janvier 2027, une journée d’étude consacrée à l’autonomie stratégique. Ouverte à tous les chercheurs, cette journée d’étude vise à interroger l’autonomie stratégique dans sa diversité, afin d’en explorer la définition, la généalogie, les acteurs et les outils. Elle a pour objectif de questionner ce qu’est l’autonomie stratégique de l’Union européenne, en menant une réflexion commune et pluridisciplinaire sur les défis théoriques, épistémologiques et empiriques auxquels elle fait face. Pour ce faire, le Centre d’excellence Stratégie & Conflits Bordeaux Campus souhaite rassembler des chercheurs de l’ensemble des disciplines s’intéressant à cette question.

Axes de réflexion

1. La définition et les différentes approches disciplinaires

Dans un premier temps, les institutions européennes ont entendu l’autonomie stratégique comme la capacité de l’UE « à agir de manière autonome, lorsque c’est nécessaire, là où c’est nécessaire, et avec leurs partenaires dans tous les cas où c’est possible7 ». Depuis lors, le champ d’application a été largement étendu. Ce premier axe de recherche entend donc interroger cette définition et la manière dont les différentes approches disciplinaires peuvent s’en saisir. En outre, définie ainsi, l’autonomie stratégique affiche, en tant que concept, une proximité avec d’autres notions, notamment la souveraineté. Il importe donc de bien circonscrire le champ de l’autonomie stratégique et ses rapports avec les notions qui apparaissent connexes.

2. La généalogie et ses réceptions

L’autonomie stratégique est apparue très récemment à l’agenda politique des institutions européennes. Ainsi, l’autonomie stratégique trouve une expression dès les années 1970 dans le Livre blanc sur la défense nationale français8. Faut-il en déduire que l’autonomie stratégique est une idée française ? Cet axe entend avant tout replacer l’autonomie stratégique dans sa profondeur historique et montrer la manière dont la notion a été construite. Les débats relatifs à l’autonomie stratégique ont ensuite circulé entre les différents États européens. Cet axe entend aussi interroger tout à la fois la circulation du concept, sa réception par les différentes sociétés et ses éventuelles déclinaisons nationales.

3. Les acteurs de l’autonomie stratégique

L’Union européenne semble présenter l’autonomie stratégique comme un objectif à atteindre. Or, compte tenu des implications de la notion, en particulier à l’égard des dynamiques industrielles, l’UE ne peut pas être le seul acteur pertinent. Aussi, cet axe se propose d’envisager l’ensemble des acteurs institutionnels, dont l’UE, mais également ses membres, les forces armées nationales, les ministères des Affaires étrangères, etc., contribue aux débats relatifs à l’autonomie stratégique et à sa traduction effective. Cependant, aussi féconde soit-elle, cette approche institutionnelle n’est pas suffisante, et il importe d’étudier l’apport des acteurs privés (base industrielle et technologique de défense européenne, société civile, chercheurs, etc.) pour pleinement saisir l’environnement stratégique européenne et les dynamiques de celui-ci.

4. Les outils de l’autonomie stratégique

L’autonomie stratégique doit dès lors conduire à l’adoption d’instruments normatifs, tant en droit de l’Union européenne que dans les ordres juridiques internes des États membres. Cet axe se propose, dans une première approche, d’étudier les outils adoptés par l’Union et ses membres pour parvenir à l’autonomie stratégique. Pour autant, le droit ne peut être le seul moyen de mise en œuvre de l’autonomie stratégique, et il faut ici laisser une place entière à d’autres approches que l’approche juridique et à d’autres outils que le droit.

Le Centre d’excellence Stratégie & Conflits Bordeaux Campus a été lancé en janvier 2026. Il bénéficie d’une labellisation par la DGRIS du ministère des Armées. Ce programme de recherche et de formation ambitieux, porté par l’Université de Bordeaux, l’Université Bordeaux Montaigne et Sciences Po Bordeaux, réunit des enseignants-chercheurs en droit, science politique, économie, sociologie et histoire. Il vise à répondre, par une approche pluridisciplinaire, aux enjeux immédiats et aux menaces posées par la résurgence des conflits armés sur le continent européen et à ses frontières

Propositions

Les personnes intéressées par cette journée d’étude pourront envoyer leur proposition de contribution, sous la forme d’un abstract de 500 mots environ, accompagné d’une courte biographie, d’ici le 30 septembre 2026 à l’adresse suivante : projet-scbc@u-bordeaux.fr.

Les personnes sélectionnées pour cette journée d’étude devront faire parvenir leur contribution d’ici le 20 janvier 2027. Une publication des actes en 2027 est envisagée.

Comité scientifique

  • Jean BELIN, maître de conférences en économie, Bordeaux School of Economics.
  • Laurent CAPDETREY, professeur d’histoire grecque, Université Bordeaux Montaigne.
  • Caroline DUFY, professeure de sociologie, Sciences Po Bordeaux.
  • Nicolas MONCEAU, maître de conférences (HDR) en science politique, Université de Bordeaux.
  • Christophe RICHER, docteur en droit public, post-doctorant, Université de Bordeaux, Chercheur associé au Centre Thucydide, Université Paris-Panthéon Assas.
  • Anne-Marie TOURNEPICHE, professeure de droit public, Université de Bordeaux.

Calendrier prévisionnel

  • 30 septembre 2026 : date limite de soumission des propositions.
  • Octobre 2026 : communication des résultats de la sélection.
  • 20 janvier 2027 : date limite d’envoi des contributions.
  • 28 janvier 2027 : journée d’étude.

Participation aux frais de voyage

Conformément à la politique du Centre d’Excellence SCBC et dans la limite du budget disponible, une participation aux frais de voyage pourra être accordée.

1 COMMISSION EUROPEENNE, Vers un secteur de la défense et de la sécurité plus compétitif et efficace, 24 juillet 2013, COM(2013) 542 final.

2 V. p. ex., CONSEIL DE L’UNION EUROPEENNE, Une boussole stratégique en matière de sécurité et de défense – Pour une Union européenne qui protège ses citoyens, ses valeurs et ses intérêts, et qui contribue à la paix et à la sécurité internationales, 21 mars 2022, doc. 7371/22, p. 13.

3 CONSEIL EUROPEEN, Conclusions du Conseil européen, 15 décembre 2016, EUCO 34/16, § 10.

4 Ibid.

5 La partie B du Rapport (Mario DRAGHI, The Future of European Competitiveness. Part B: In-Depth Analysis and Recommendations, Bruxelles, Commission européenne, 2024) mentionne à au moins treize reprises le concept d’autonomie stratégique, dans des contextes différents : numérisations et technologies avancées (p. 67 et s.), l’énergie (p. 92 et s.), les technologies vertes (p. 116 et s.), la défense (p. 159 et s.) et l’espace (p. 172 et s.).

6 V. p. ex. INTERNATIONAL RELATIONS COMMITTEE OF THE EUROPEAN CENTRAL BANK, « The EU’s Open Strategic Autonomy from a Central Banking Perspective. Challenges to the Monetary Policy Landscape from a Changing Geopolitical Environment », Occasional Paper Series, n° 311, décembre 2023 ; Henning KROLL, Assessing Open Strategic Autonomy. A two-dimensional index to quantify EU-27 autonomy in industrial ecosystems and strategic technologies, JRC External Study Report, European Commission, 2024.

7 Conclusions du Conseil européen, EUCO 34/16, loc. cit., § 10.

8 Les auteurs évoquent ainsi « il n’est pas de dessein politique autonome et de liberté d’action possible sans une politique affirmée de défense, en fonction de ses intérêts propres, dussent-ils être, ensuite, complétés voire corrigés par d’autres considérations notamment européennes » : Livre blanc sur la défense nationale, 1972, p. 3.

Appel à articles – Special Issue on Disability Memory

Date limite pour proposer un résumé : 31 août 2026

The aim of this Special Issue is to begin writing the memory of disability into mainstream European history. In recent years, academic scholarship has experienced a ‘memory boom,’ but the subject of disability has yet to be integrated into this development. Historians of sexuality have sought to ‘queer’ the field of memory studies by challenging and re-evaluating traditional, often heteronormative narratives of the past through the lens of marginalised communities. This special issue seeks to ‘disable’ existing European narratives by uncovering and integrating memories around disability and disabled citizens into European history.

Plus d’informations ici.

Appel à contributions – 12e numéro de la revue Transbordeur. Photographie, histoire, sociétés : “Les anonymes dans l’image : Enjeux politiques, mémoriels et technologiques de l’identification photographique”

Date limite pour proposer un résumé : 15 septembre 2026

Le dossier numéro 12 de Transbordeur explorera les rapports entre identification et anonymat inscrits au cœur de nombreuses pratiques photographiques, et plus largement visuelles. Il s’agit, d’une part, de replacer les personnes représentées au centre de l’analyse, et, d’autre part, de s’interroger sur ce l’on fait avec les images – du photographe qui légende son cliché jusqu’à l’historienne soucieuse de rendre une identité individuelle aux sujets, en passant par des systèmes de lecture d’image de plus en plus automatisés. C’est que la tension entre identification et anonymat se rejoue tout au long de l’histoire des technologies d’enregistrement visuel, comme à chaque étape de la vie des images – leur production, leur circulation et leurs usages.

Plus d’informations ici.