Archives de catégorie : Appel à communication

Appel à communications – Journée d’études internationales et transdisciplinaires “Exposer l’usine : enjeux d’une mise en visibilité, XVIIIe-XXIe siècle”

Lieu : Paris

Date : mars 2027

Date limite pour envoyer une proposition : 30 octobre 2026

Poser la question de l’exposition du « monde industriel », à travers l’emblème de l’usine, du XVIIIe siècle à nos jours revient tout d’abord à définir le cadre dans lequel un lieu (l’usine mais aussi l’atelier, la fabrique, le lieu du travail et de la production), des femmes et des hommes (ouvriers.ères, ingénieurs.es, entrepreneurs.ses), des machines, des objets manufacturés (dont le design) et des représentations (peinture, arts graphiques, estampe, photographie, vitrail, sculpture, plan, maquette, film) ont fait l’objet d’une mise en visibilité. Tout en étant conscient que toute exposition peut soutenir des images : celle d’une marque façonnée par les industriels, d’un territoire, d’une branche, d’un mécène, d’une figure ou d’une institution. Cette exposition de l’usine par la sphère culturelle, à travers l’accélérateur de visibilité qu’est l’exposition (pérenne ou temporaire) et dans le cadre institutionnel du musée, n’a jamais tenu de l’évidence. Les témoignages de conservateurs et de commissaires d’exposition, même récents, illustrent bien la difficulté de cette monstration restée marginale, hors des lieux spécialisés et du phénomène de l’innovation. Une innovation dont l’histoire de la promotion compte plusieurs manifestations spécifiques et des espaces dédiés, comme les salons. L’innovation et la performance ne sont toutefois pas les seuls biais d’interprétation du monde industriel, car ils ont tendance à effacer des phénomènes plus pérennes comme la copie, l’achat de brevet, la production ordinaire, l’éclatement des modes de fabrication, la coexistence technologique ou la résistance au progrès.

Suite de l’appel ici.

Appel à contribution – Séminaire « Réseaux d’Idées sur la Santé » 2026-2027 : Théorie(s) et pratique(s

Date limite pour faire une proposition : 10 septembre 2026

Dans le prolongement de ses neuf premières années d’existence (2017–2026), ce séminaire a pour vocation de rassembler doctorant·e·s, étudiant·e·s en master et soignant·e·s de toutes disciplines autour d’un même objet d’étude : la santé. 


Espace interdisciplinaire en sciences humaines et sociales, le RIS propose un lieu de présentation de travaux, d’échanges et de réflexions, en complément des séminaires proposés par les écoles doctorales et les laboratoires. Il permet à chacun·e de présenter ses recherches, de s’exercer à la prise de parole, et de faire émerger des idées dans un cadre stimulant, bienveillant et collaboratif.  

Thème 2026–2027 : Théorie(s) et Pratique(s)

Cette année, nous vous invitons à explorer les relations entre théorie(s) et pratique(s) dans les domaines de la santé, de la santé publique, et du soin. Théorie et pratique sont souvent présentées comme deux registres distincts : d’un côté, un savoir produit par une activité de l’esprit abstraite et peu préoccupée par l’obtention d’un résultat, de l’autre, l’action comme expérience visant à modifier le réel de façon efficiente, ou à inspirer ou mettre à l’épreuve une théorie.
Mais théorie et pratique entretiennent des rapports complexes de traduction, de tension, d’ajustement et de transformation réciproque. Cette année, le séminaire RIS propose d’explorer les circulations entre théorie et pratique.
Que deviennent les concepts lorsqu’ils sont mis à l’épreuve des situations concrètes ? Comment les pratiques produisent-elles des savoirs, des normes et des formes de réflexivité ? Comment penser les écarts, les résistances et les fécondités propres à cette relation constitutive de toute activité de soin ?
En accueillant par exemple des perspectives philosophiques, sociologiques, anthropologiques, historiques, éthiques et soignantes, le séminaire interrogera les multiples manières dont se construisent, se confrontent et se renouvellent les articulations entre savoirs et actions.  

Nous vous invitons à nous adresser vos propositions de contribution avant le 10 Septembre 2026 à l’adresse suivante : RIS_lyon@protonmail.com, avec:  

  • un titre pour votre intervention  
  • un résumé de votre contribution (entre une demi-page et une page maximum)  
  • vos disponibilités parmi les dates 2026-2027 (les séminaires auront lieu les mardis 6 octobre 2026, 3 novembre 2026, 1er décembre 2026, 5 janvier 2027, 2 février 2027, 2 mars 2027, 6 avril 2027, 18 mai 2027, 1er juin 2027),  
  • nous préciser si vous pourriez intervenir en présentiel à Lyon. Nous privilégions les interventions sur place, mais en cas de contraintes, une intervention en visioconférence est également envisageable  
  • enfin nous indiquer un éventuel besoin de défraiement, pour en évaluer la compatibilité avec nos contraintes budgétaires   

Nous organiserons une séance de rentrée le mardi 15 septembre de 18h45 à 20h en salle commune de la Faculté de philosophie de l’Université Jean Moulin Lyon 3 (15, quai Claude Bernard, RDC droite). Un lien pour y assister à distance sera disponible.   

Format et fonctionnement

Nous poursuivons un format hybride, avec des séances d’octobre 2026 à juin 2027 (chaque premier mardi du mois, sauf pour le mois de mai, cf. dates ci-dessus), de 18h à 19h30, en présentiel à Lyon 3 (Faculté de Philosophie, salle commune), et possibilité de participation en ligne.
Chaque séance pourra prendre la forme d’une présentation de 20 min à 40 min, suivie de discussion.  Des formats plus longs, appuyés à des supports particuliers (article, œuvre audiovisuelle, témoignage, etc.) sont également bienvenus, l’objectif étant de favoriser l’échange, l’exploration collective, souple et vivante, et la co-construction des idées.

Le programme et le livre des résumés seront disponibles sur notre carnet Hypothèses : https://seminaireris.hypotheses.org/

Appel à communications – 2e édition de Historical Materialism Paris : “Le nouveau monde. Impérialisme, fascisme et lutte des classes”

Date : 1-3 juillet 2027

Lieu : Paris

Date limite pour faire une proposition : 2 novembre 2027

Intensification des conflits armés – du Venezuela à l’Iran, en passant par la Palestine et l’Ukraine – et montée en puissance des mouvements néo-fascistes – tant en France qu’au Brésil, en Inde et aux États-Unis : le nouveau monde ressemble fortement à l’ancien. La première édition d’Historical Materialism Paris, à laquelle avaient participé plus de 1 200 personnes en 2025, avait placé au cœur des débats la dynamique de la catastrophe et les moyens de la conjurer. Plus que jamais, il est aujourd’hui nécessaire de renforcer l’analyse marxiste des logiques impérialistes et de la progression des courants fascistes et autoritaires, et de ce qu’elles révèlent des tendances longues du capitalisme et des transformations de l’antagonisme de classe. Ce sera l’enjeu central de Historical Materialism Paris 2027, qui accueillera aussi des communications variées sur divers aspects de l’analyse marxiste (voir Axes).

Comment analyser cette radicalisation des tensions ? En quoi est-elle liée à une transformation des rapports de classe ? Quels sont ses effets sur les conditions matérielles d’existence et les formes de luttes qui émergent contre les lois mortifères du profit ? Autrement dit, comment peut-on articuler l’analyse de la montée des extrêmes-droites et des tensions impérialistes avec les dynamiques contemporaines de la lutte des classes ? Comment l’accroissement des concurrences et rivalités inter-impérialistes, l’augmentation des budgets militaires et le retour de logiques militaristes reconfigurent-t-ils les régimes de travail et les processus d’accumulation du capital ?

Afin d’aborder ces questions, il est impératif de repenser l’imbrication entre lutte des classes et impérialisme, à rebours des nombreuses explications géopolitiques qui attribuent l’éclatement des conflits tantôt à une soif de puissance supposée irrémédiable des États, tantôt aux dispositions momentanées des dirigeants politiques. Ces grilles de lecture – individualisantes et anhistoriques – mystifient les dynamiques à l’œuvre dans la conjoncture mondiale actuelle et désarment les résistances.

L’intensification des guerres et des conflits témoigne ainsi des difficultés croissantes du capital à résoudre ses contradictions (approvisionnement en pétrole et en terres rares, concurrence autour de la maîtrise de l’intelligence artificielle, baisse des profits et nécessité d’accroître l’exploitation). Elle révèle le caractère prédateur du mode de production capitaliste, qui épuise les ressources, accélère le dérèglement climatique et provoque des catastrophes écologiques.

Les effets de ces contradictions se font sentir dans les pays dominés par les puissances impérialistes, premières victimes des guerres et des déplacements de population. Mais elles agissent aussi en retour sur les conditions de vie et de travail dans les pays agresseurs : en alimentant la xénophobie et le racisme, en intensifiant l’exploitation du travail et les attaques contre le travail reproductif, en justifiant les politiques d’austérité au nom des exigences de la militarisation et en restreignant les libertés civiles et l’espace culturel et médiatique. En somme, l’aggravation des logiques impérialistes et les tendances autoritaires, voire fascistes, vont de pair. Cette simultanéité appelle à approfondir l’analyse du triptyque classe, impérialisme, fascisme.

Historical Materialism Paris est un lieu de rencontre et de débats à la croisée entre milieux universitaires et militants. L’analyse de ces dynamiques invite ainsi à poursuivre et mettre à jour les débats sur l’orientation stratégique des luttes sociales. Dans ce contexte de montée des tensions et des périls à l’échelle internationale, où en sont les mobilisations contre l’exploitation et les diverses formes d’oppression ? Que deviennent les cycles et recompositions récents de mobilisations antiracistes, féministes et écologistes ? Et des révoltes populaires, en Iran, en Turquie, en Irlande, au Népal, à Madagascar, au Maroc, ou, encore, aux États-Unis contre l’ICE ? En quoi ces expériences peuvent-elles éclairer les débats stratégiques et nourrir les formes actuelles de lutte contre la guerre, d’organisation et de résistance contre la montée de l’extrême-droite et les régimes autoritaires ou fascistes ?

Nous invitons les intervenant·es – universitaires ou militant·es – à proposer des panels (1 500 mots maximum) ou des communications (300 mots maximum), en français ou en anglais, portant notamment sur le thème général de l’appel ou les axes suivants (en indiquant un axe dans lesquels s’inscrit la proposition), avant le 2 novembre 2027.

Une communication consiste en une proposition d’intervention individuelle. Un panel rassemble trois à quatre propositions d’interventions individuelles, qui portent sur un même sujet ou se caractérisent par des traits communs justifiant l’organisation de leur communication dans une même séance pendant la conférence.

La conférence aura lieu du 1er au 3 juillet 2027 dans une université en région parisienne. Des informations plus précises sur le lieu et les modalités de soumission des abstracts et panels seront communiquées en septembre 2026.

Pour nous contacter : parishistoricalmaterialism@gmail.com. Toute proposition de communication envoyée par mail ne sera pas prise en compte.

Comité d’organisation : Marion Beauvalet, Carlotta Benvegnù, Elsa Boulet, Sebastian Budgen, Benjamin Bürbaumer, Juan Sebastian Carbonell, Alexis Cukier, Yohann Douet, Davide Gallo Lassere, Fanny Gallot, Marina Garrisi, Paul Guilibert, Thierry Labica, Ernest Moret, Ugo Palheta, Anton Perdoncin, Quentin Ravelli, Marlène Rosano-Grange, Gabriel Rosenman, Maud Simonet, Karel Yon

Comité scientifique : Sofia Aouani, Hanna Benssussan, Sophie Béroud, Clémence Clos, Alice de Charentenay, Franck Freitas-Ekué, Isabelle Garo, Cécile Gintrac, François-Xavier Hutteau, Aurore Koechlin, Marie Le Corre, Frédéric Monferrand, Matthieu Renault, Daniel Veron, Nicolas Vieillescazes, Sbeih Sbeih, Alix Stephan

Appel à communications – 4th Biennial European Society for Environmental History (ESEH) Conference

Lieu : Université de Salzbourg

Date : 7-10 septembre 2027

Date limite pour soumettre une proposition : 15 octobre 2026

The European Society for Environmental History (ESEH) is pleased to invite proposals for panel sessions, individual papers, book presentations, posters, roundtables, and more experimental presentation formats for its upcoming biennial conference. The conference theme, Environmental History Beyond Disciplinary Boundaries, aims to highlight and reinforce the interdisciplinary and transdisciplinary nature and culture of environmental history.

Plus d’informations ici.

Appel à communications – Séminaire « Réseaux d’Idées sur la Santé » – Thème 2026–2027 : Théorie(s) et pratique(s)

Date limite pour faire une proposition : 10 septembre 2026

Le séminaire doctoral mensuel Réseaux d’idées sur la santé (RIS) reprend à la rentrée 2026 avec un nouveau comité d’organisation et une thématique renouvelée : “Théorie(s) et pratique(s)”.

Dans le prolongement de ses neuf premières années d’existence (2017–2026), ce séminaire a pour vocation de rassembler doctorant·e·s, étudiant·e·s en master et soignant·e·s de toutes disciplines du périmètre lyonnais autour d’un même objet d’étude : la santé.
Pensé comme un espace interdisciplinaire en sciences humaines et sociales, le RIS propose un lieu de présentation de travaux, d’échanges et de réflexion, en complément des séminaires proposés par les écoles doctorales et les laboratoires. Il permet à chacun·e de présenter ses recherches, de s’exercer à la prise de parole, et de faire émerger des idées dans un cadre stimulant, bienveillant et collaboratif. 

Thème 2026–2027 : Théorie(s) et Pratique(s)

Cette année, nous vous invitons à explorer les relations entre théorie(s) et pratique(s) dans les domaines de la santé, de la santé publique, et du soin. Théorie et pratique sont souvent présentées comme deux registres distincts : d’un côté, un savoir produit par une activité de l’esprit abstraite et peu préoccupée par l’obtention d’un résultat, de l’autre, l’action comme expérience visant à modifier le réel de façon efficiente, ou à inspirer ou mettre à l’épreuve une théorie.
Mais théorie et pratique entretiennent des rapports complexes de traduction, de tension, d’ajustement et de transformation réciproque. Cette année, le séminaire RIS propose d’explorer les circulations entre théorie et pratique.
Que deviennent les concepts lorsqu’ils sont mis à l’épreuve des situations concrètes ? Comment les pratiques produisent-elles des savoirs, des normes et des formes de réflexivité ? Comment penser les écarts, les résistances et les fécondités propres à cette relation constitutive de toute activité de soin ?
En accueillant des perspectives philosophiques, sociologiques, anthropologiques, historiques, éthiques et soignantes, le séminaire interrogera les multiples manières dont se construisent, se confrontent et se renouvellent les articulations entre savoirs et actions. 

Nous vous invitons à nous adresser vos propositions de contribution avant le 10 Septembre 2026 à l’adresse suivante : RIS_lyon@protonmail.com, avec: 

  • un titre pour votre intervention 
  • un résumé de votre contribution (entre une demi-page et une page maximum) 
  • vos disponibilités parmi les dates 2026-2027 (les séminaires auront lieu les mardis 6 octobre 2026, 3 novembre 2026, 1er décembre 2026, 5 janvier 2027, 2 février 2027, 2 mars 2027, 6 avril 2027, 18 mai 2027, 1er juin 2027), 
  • nous préciser si vous pourriez intervenir en présentiel à Lyon. Nous privilégions les interventions sur place, mais en cas de contraintes, une intervention en visioconférence est également envisageable 
  • enfin nous indiquer un éventuel besoin de défraiement, afin d’en évaluer la compatibilité avec nos contraintes budgétaires 

Nous organiserons une séance de rentrée le mardi 15 septembre de 18h45 à 20h en salle commune de la Faculté de philosophie de l’Université Jean Moulin Lyon 3 (15, quai Claude Bernard, RDC droite). Un lien pour y assister à distance sera disponible.  

Format et fonctionnement

Nous poursuivons un format hybride, avec des séances d’octobre 2026 à juin 2027 (chaque premier mardi du mois, sauf pour le mois de mai, cf. dates ci-dessus), de 18h à 19h30, en présentiel à Lyon 3 (Faculté de Philosophie, salle commune), et possibilité de participation en ligne.
Chaque séance pourra prendre la forme d’une présentation de 20 min à 40 min, suivie de discussion.  

Des formats plus longs, appuyés à des supports particuliers (article, œuvre audiovisuelle, témoignage, etc.). sont également bienvenus, l’objectif étant de favoriser l’échange, l’exploration collective, souple et vivante, et la co-construction des idées.

Le programme et le livre des résumés seront disponibles sur notre carnet Hypothèses : https://seminaireris.hypotheses.org/

Appel à communications – Journée d’études du SCBC “Quelle autonomie stratégique pour l’Union européenne ? Approches pluridisciplinaires”

Lieu : Bordeaux

Date : 28 janvier 2027

Date limite pour soumettre une proposition : 30 septembre 2026

Apparue en 2013 dans un communiqué de la Commission européenne1, l’autonomie stratégique occupe désormais le premier plan du débat stratégique européen2. Développée dans le contexte des débats liés à la politique de sécurité et de défense commune de l’Union européenne, l’autonomie stratégique désigne dans une première approche la capacité de l’UE « à agir de manière autonome, lorsque c’est nécessaire, là où c’est nécessaire, et avec leurs partenaires dans tous les cas où c’est possible3 ». Autrement dit, la notion a dans un premier temps un domaine d’application clairement identifié, puisqu’il s’agit, pour les Européens, d’« assumer davantage la responsabilité de leur défense4 ». Cependant, à la faveur de la pandémie de la COVID-19, la notion d’autonomie stratégique a pu être redéployée pour interroger l’ouverture économique de l’Union. Le rapport établi par M. Draghi sur la compétitivité européenne fournit un exemple topique de l’intérêt que peut représenter l’autonomie stratégique pour penser les stratégies énergétiques, industrielles ou commerciales européennes5.

Alors que l’environnement stratégique de l’UE est malmené par le retour de la compétition de puissance et par la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine, l’autonomie stratégique semble dès lors être devenue un principe destiné à organiser et déterminer les politiques conduites par l’Union et ses États membres6.

L’extension du champ d’application de l’autonomie stratégique conduit nécessairement à questionner sa cohérence et sa définition. Or, compte tenu de l’importance que semble prendre l’autonomie stratégique européenne, il semble important d’en préciser la définition et les implications.

Dans cet esprit, le Centre d’excellence Stratégie & Conflits Bordeaux Campus organise le 28 janvier 2027, une journée d’étude consacrée à l’autonomie stratégique. Ouverte à tous les chercheurs, cette journée d’étude vise à interroger l’autonomie stratégique dans sa diversité, afin d’en explorer la définition, la généalogie, les acteurs et les outils. Elle a pour objectif de questionner ce qu’est l’autonomie stratégique de l’Union européenne, en menant une réflexion commune et pluridisciplinaire sur les défis théoriques, épistémologiques et empiriques auxquels elle fait face. Pour ce faire, le Centre d’excellence Stratégie & Conflits Bordeaux Campus souhaite rassembler des chercheurs de l’ensemble des disciplines s’intéressant à cette question.

Axes de réflexion

1. La définition et les différentes approches disciplinaires

Dans un premier temps, les institutions européennes ont entendu l’autonomie stratégique comme la capacité de l’UE « à agir de manière autonome, lorsque c’est nécessaire, là où c’est nécessaire, et avec leurs partenaires dans tous les cas où c’est possible7 ». Depuis lors, le champ d’application a été largement étendu. Ce premier axe de recherche entend donc interroger cette définition et la manière dont les différentes approches disciplinaires peuvent s’en saisir. En outre, définie ainsi, l’autonomie stratégique affiche, en tant que concept, une proximité avec d’autres notions, notamment la souveraineté. Il importe donc de bien circonscrire le champ de l’autonomie stratégique et ses rapports avec les notions qui apparaissent connexes.

2. La généalogie et ses réceptions

L’autonomie stratégique est apparue très récemment à l’agenda politique des institutions européennes. Ainsi, l’autonomie stratégique trouve une expression dès les années 1970 dans le Livre blanc sur la défense nationale français8. Faut-il en déduire que l’autonomie stratégique est une idée française ? Cet axe entend avant tout replacer l’autonomie stratégique dans sa profondeur historique et montrer la manière dont la notion a été construite. Les débats relatifs à l’autonomie stratégique ont ensuite circulé entre les différents États européens. Cet axe entend aussi interroger tout à la fois la circulation du concept, sa réception par les différentes sociétés et ses éventuelles déclinaisons nationales.

3. Les acteurs de l’autonomie stratégique

L’Union européenne semble présenter l’autonomie stratégique comme un objectif à atteindre. Or, compte tenu des implications de la notion, en particulier à l’égard des dynamiques industrielles, l’UE ne peut pas être le seul acteur pertinent. Aussi, cet axe se propose d’envisager l’ensemble des acteurs institutionnels, dont l’UE, mais également ses membres, les forces armées nationales, les ministères des Affaires étrangères, etc., contribue aux débats relatifs à l’autonomie stratégique et à sa traduction effective. Cependant, aussi féconde soit-elle, cette approche institutionnelle n’est pas suffisante, et il importe d’étudier l’apport des acteurs privés (base industrielle et technologique de défense européenne, société civile, chercheurs, etc.) pour pleinement saisir l’environnement stratégique européenne et les dynamiques de celui-ci.

4. Les outils de l’autonomie stratégique

L’autonomie stratégique doit dès lors conduire à l’adoption d’instruments normatifs, tant en droit de l’Union européenne que dans les ordres juridiques internes des États membres. Cet axe se propose, dans une première approche, d’étudier les outils adoptés par l’Union et ses membres pour parvenir à l’autonomie stratégique. Pour autant, le droit ne peut être le seul moyen de mise en œuvre de l’autonomie stratégique, et il faut ici laisser une place entière à d’autres approches que l’approche juridique et à d’autres outils que le droit.

Le Centre d’excellence Stratégie & Conflits Bordeaux Campus a été lancé en janvier 2026. Il bénéficie d’une labellisation par la DGRIS du ministère des Armées. Ce programme de recherche et de formation ambitieux, porté par l’Université de Bordeaux, l’Université Bordeaux Montaigne et Sciences Po Bordeaux, réunit des enseignants-chercheurs en droit, science politique, économie, sociologie et histoire. Il vise à répondre, par une approche pluridisciplinaire, aux enjeux immédiats et aux menaces posées par la résurgence des conflits armés sur le continent européen et à ses frontières

Propositions

Les personnes intéressées par cette journée d’étude pourront envoyer leur proposition de contribution, sous la forme d’un abstract de 500 mots environ, accompagné d’une courte biographie, d’ici le 30 septembre 2026 à l’adresse suivante : projet-scbc@u-bordeaux.fr.

Les personnes sélectionnées pour cette journée d’étude devront faire parvenir leur contribution d’ici le 20 janvier 2027. Une publication des actes en 2027 est envisagée.

Comité scientifique

  • Jean BELIN, maître de conférences en économie, Bordeaux School of Economics.
  • Laurent CAPDETREY, professeur d’histoire grecque, Université Bordeaux Montaigne.
  • Caroline DUFY, professeure de sociologie, Sciences Po Bordeaux.
  • Nicolas MONCEAU, maître de conférences (HDR) en science politique, Université de Bordeaux.
  • Christophe RICHER, docteur en droit public, post-doctorant, Université de Bordeaux, Chercheur associé au Centre Thucydide, Université Paris-Panthéon Assas.
  • Anne-Marie TOURNEPICHE, professeure de droit public, Université de Bordeaux.

Calendrier prévisionnel

  • 30 septembre 2026 : date limite de soumission des propositions.
  • Octobre 2026 : communication des résultats de la sélection.
  • 20 janvier 2027 : date limite d’envoi des contributions.
  • 28 janvier 2027 : journée d’étude.

Participation aux frais de voyage

Conformément à la politique du Centre d’Excellence SCBC et dans la limite du budget disponible, une participation aux frais de voyage pourra être accordée.

1 COMMISSION EUROPEENNE, Vers un secteur de la défense et de la sécurité plus compétitif et efficace, 24 juillet 2013, COM(2013) 542 final.

2 V. p. ex., CONSEIL DE L’UNION EUROPEENNE, Une boussole stratégique en matière de sécurité et de défense – Pour une Union européenne qui protège ses citoyens, ses valeurs et ses intérêts, et qui contribue à la paix et à la sécurité internationales, 21 mars 2022, doc. 7371/22, p. 13.

3 CONSEIL EUROPEEN, Conclusions du Conseil européen, 15 décembre 2016, EUCO 34/16, § 10.

4 Ibid.

5 La partie B du Rapport (Mario DRAGHI, The Future of European Competitiveness. Part B: In-Depth Analysis and Recommendations, Bruxelles, Commission européenne, 2024) mentionne à au moins treize reprises le concept d’autonomie stratégique, dans des contextes différents : numérisations et technologies avancées (p. 67 et s.), l’énergie (p. 92 et s.), les technologies vertes (p. 116 et s.), la défense (p. 159 et s.) et l’espace (p. 172 et s.).

6 V. p. ex. INTERNATIONAL RELATIONS COMMITTEE OF THE EUROPEAN CENTRAL BANK, « The EU’s Open Strategic Autonomy from a Central Banking Perspective. Challenges to the Monetary Policy Landscape from a Changing Geopolitical Environment », Occasional Paper Series, n° 311, décembre 2023 ; Henning KROLL, Assessing Open Strategic Autonomy. A two-dimensional index to quantify EU-27 autonomy in industrial ecosystems and strategic technologies, JRC External Study Report, European Commission, 2024.

7 Conclusions du Conseil européen, EUCO 34/16, loc. cit., § 10.

8 Les auteurs évoquent ainsi « il n’est pas de dessein politique autonome et de liberté d’action possible sans une politique affirmée de défense, en fonction de ses intérêts propres, dussent-ils être, ensuite, complétés voire corrigés par d’autres considérations notamment européennes » : Livre blanc sur la défense nationale, 1972, p. 3.

Appel à communications – 9e colloque international de l’Association Française pour l’Archéologie du Verre (AFAV) : « Le verre dans les pratiques funéraires de l’Empire romain »

Lieu : Lyon – Maison Internationale des Langues et des Cutures (MILC)

Date : 25-27 novembre 2027

Date limite pour soumettre une proposition : 15 octobre 2026

Le 9ème colloque international de l’Association Française pour l’Archéologie du Verre (AFAV) se tiendra à Lyon du 25 au 27 novembre 2026 et portera sur le thème : Le verre dans les pratiques funéraires romaines de l’Empire romain. Cet événement a pour objectif d’examiner la place et le rôle du verre, notamment de la vaisselle, dans les rituels funéraires romains entre le Ier et le IVe siècle apr. J.-C.

Plus d’informations ici.

Appel à communications – Colloque international “The Constitutional Road to Authoritarianism : States of Exception in Historical Perspective, c. 1890-1950”

Lieu : Université de Rethymno, Crète

Date : 13-14 mai 2027

Date limite pour soumettre une proposition : 1er octobre 2026

How exceptional are states of exception in liberal democracies? During the two world wars, European governments suspended constitutional norms and granted themselves extraordinary powers in the name of national survival and public order. Yet emergency rule was not merely a temporary wartime deviation. As scholars such as Carl Schmitt, Giorgio Agamben, Nomi Claire Lazar and Eugénie Mérieau have argued, states of exception are deeply embedded within modern liberal democracies. In some cases, emergency mechanisms facilitated the transition from liberal democracy to dictatorship.

A state of exception may be broadly defined as the temporary and geographically limited suspension of individual and public rights and freedoms and of the separation of powers in response to a perceived crisis. It enables governments to exercise extraordinary powers beyond normal legal constraints. Sometimes these powers are clearly codified through legal categories such as “state of siege” or “martial law.” In other cases, exceptional rules operate through more ambiguous legal frameworks. What has become increasingly clear, however, is that such measures are not historical aberrations but structural features of modern governance.

The study of states of exception has traditionally been dominated by jurists and philosophers, whereas historians have rarely engaged with this phenomenon. This conference addresses this gap. Rather than focusing solely on legal doctrines or constitutional texts, the conference examines how states of exception were historically enacted, negotiated, and contested in practice, highlighting the concrete actors and institutions—both state and non-state—that enabled the suspension of normal legal order. The conference examines concretely what happened on the ground when states of exception were activated. Emphasis is placed on historically specific episodes, tracing how emergency measures were mobilized, enforced, and legitimized, revealing the mechanisms through which extraordinary powers reshaped political and social orders.

This workshop is organised within the framework of the ERC project STEXEU – “The Constitutional Road to Dictatorship: States of Exception and Authoritarianism in Europe, 1900-1939”. While the project focuses primarily on Europe, we invite contributions exploring the historical implementation of states of exception across different geographical contexts, both within and beyond Europe, and in a longer timespan (circa 1890-1950).

Drawing directly on the STEXEU analytical framework, the conference situates states of exception within the broader constitutional and institutional pathways toward authoritarianism. Contributions are encouraged to examine not only formal decrees but also the concrete practices, negotiations, and conflicts through which emergency powers were operationalized. By connecting legal texts with social, political, and institutional processes, the workshop seeks to show how states of exception contributed to the erosion of the rule of law and facilitated the rise of fascist or authoritarian regimes, while also exploring variation across time, space, and political contexts. Comparative and transnational perspectives are particularly welcome, as are studies that consider interactions between state and non-state actors in shaping exceptional governance.

We aim to publish a selection of the conference papers as a special issue or as an edited volume with a leading academic publisher. Participants will therefore be asked to submit a draft chapter prior to the workshop and to read the papers of fellow presenters in advance. We plan to organize the workshop as a discussion-based event, with substantial time devoted to collective feedback and exchange around the pre-circulated drafts. For this reason, the conference will have an exclusively in-person format.

Key Themes (indicative, not exhaustive):

-Historical case studies of specific states of exception in Europe and beyond

-Institutions of exception: military, judiciary, police, administrative bodies

-Non-state actors and the enforcement of exception (paramilitaries, militias, economic actors)

-Political elites, bureaucrats, and intellectuals as implementers of exceptional measures

-Targets of states of exception in the liberal metropoles (organized workers, ethnic minorities, colonized peoples, women and queer minorities, etc.)

-Circulations of actors, ideas and practices of states of exception from the colonies to the colonial cores

-Emergency powers and the erosion of the rule of law

-States of exception and pathways to authoritarianism or fascism

-Everyday practices of exception: local, regional, and sectoral perspectives

-Comparative and transnational perspectives on exceptional governance

Practical Information

Location: University of Crete (School of Social Sciences), Rethymno Campus, Crete, Greece

Date: 13-14 May 2027

Format: In-person conference

Submission Guidelines

Please submit:

-An abstract of 300 words

-A short biographical note (maximum 150 words)

Deadline for submissions: 1 October 2026

Notification of acceptance:15 October 2026

Submissions should be sent to this google form: https://docs.google.com/forms/u/1/d/1mXw8wi1Nmba0c5apu0u-cc3l07tyC0DAT7zTR3jvezA/edit

Funding

Limited funding may be available to support participants. Priority will be given to early-career scholars without access to institutional funding.

Organizing committee

Aurélie Andry, Henrique Cintra Santos, Aliaksandr Piahanau, George Souvlis, Carmine Stornaiuolo, Arturo Zoffmann Rodriguez

Appel à communications – Journée d’études en histoire environnementale : nouvelles échelles, nouvelles archives et nouvelles questions pour penser les transitions en Europe

Lieux : Université de Lorraine (Metz, campus du Saulcy) et Institut européen d’écologie (Metz)

Dates : 22-23 octobre 2026

Date limite de proposition : 15 juillet 2026

Organisation : Louis Fagon, Maître de conférences en histoire contemporaine (Université de

Lorraine)

Avec le soutien du programme CELEST, du CRULH, et de l’Institut européen d’écologie.

Argument :

Dans la lignée de colloques précédents, comme celui du RUCHE en 2018 à Lyon (« Écrire l’histoire environnementale au XXIe siècle »), les réflexions sur les méthodes et l’écriture de l’histoire environnementale sont nombreuses depuis ses origines. Par définition hybrides et interdisciplinaires (Frioux et Bécot 2022), les travaux d’histoire environnementale investissent des champs préexistants mais ouvrent aussi des perspectives nouvelles de recherche, car il s’agit avant tout d’un regard (Bécot et al. (eds.) 2023).

L’ambition de cette journée est de donner la parole aux chercheuses et chercheurs des « dernières frontières » ouvertes récemment (Grancher et Rivoal (eds.) 2025), et d’interroger les jeux d’échelles qui renouvellent aujourd’hui les travaux d’histoire environnementale. Après un temps d’histoire globale de l’environnement, la tendance est au retour à une échelle plus locale, à une histoire environnementale des marges ou au contraire à un intérêt nouveau pour des espaces déjà très étudiés par d’autres historiographies. L’échelle européenne est elle aussi de plus en plus investie, par des travaux sur les politiques européennes mais aussi par des études comparatives entre plusieurs pays.

Dans cette dynamique européenne, la collaboration entre l’université de Lorraine et l’Institut européen d’écologie — fondé en 1971 à Metz sous l’impulsion du biologiste JeanMarie Pelt, du toxicologue Jean-Michel Jouany, du philosophe Roger Klaine et du sociologue Marcel Robin — s’inscrit dans cette volonté de faire dialoguer les chercheuses et chercheurs qui réfléchissent aux rapports entre les sociétés et leur environnement, aux frontières entre sciences dures et sciences sociales, mais aussi aux liens entre recherche et action. La journée d’études sera également l’occasion de mettre en valeur les fonds d’archives de l’Institut européen d’écologie.

Trois axes de réflexion sont proposés, mais de manière non exhaus.ve :

  • Frontières et jeux d’échelles en France et en Europe

La frontier, au cœur de l’histoire américaine, a également été centrale dans le premier développement de l’histoire environnementale dans ce pays au cours des années 1970. La question des liens entre frontières et environnement a déjà fait l’objet d’un colloque important du RUCHE à Mulhouse en 2022. Dans le cadre de la Grande Région, cette question des différentes échelles et du rôle des frontières environnementales est centrale (Vaillot 2022). Ce premier axe se concentre sur les histoires transnationales des politiques de l’environnement, allant des débordements frontaliers (Gagnepain 2023) aux mobilisations transfrontalières à l’échelle européenne (Tompkins 2016). Les frontières en Europe sont en effet également des ruptures environnementales, qu’elles soient normatives, écologiques ou géographiques.

Les réflexions sur ces jeux d’échelles (Revel 1996) en histoire environnementale de l’Europe sont au cœur de ce premier axe. Les approches mêlant différentes échelles pour repenser des phénomènes globaux (archives d’entreprises pour écrire l’histoire environnementale européenne, ou à l’inverse l’échelle micro éclairée par des archives nationales) sont bienvenues.

  • Écologie urbaine, nature en ville, environnement urbain

Les travaux d’histoire de la nature en ville (Matagne (ed.) 2022; Mathis et Pépy 2020) s’inscrivent dans une longue tradition de l’histoire environnementale urbaine inaugurée par les travaux de W. Cronon (Cronon 1991) et portée par les recherches sur le métabolisme urbain (Barles 2018). Ce deuxième axe rejoint les préoccupations de l’Institut européen d’écologie et le concept d’écologie urbaine porté par ses fondateurs.

L’ambition de ce second axe est de favoriser la discussion entre des chercheuses et chercheurs travaillant sur les questions de nature en ville, et les professionnels de la métropole de Metz et de l’IEE travaillant sur les questions de transition écologique en cours et à venir. Les propositions s’intéressant aux environnements urbains ou à la nature en ville, mais aussi les travaux qui ont une implication dans les aménagements présents ou à venir sont particulièrement bienvenus.

  • Anciennes et nouvelles archives de l’histoire environnementale européenne

L’histoire environnementale implique à la fois « l’invention » de nouvelles archives et un nouveau regard sur des archives déjà très mobilisées. Le changement de focale (temporelle, spatiale, disciplinaire…) produit de nouvelles histoires, mais pose aussi des questions de méthode. Comment trouver de nouvelles archives ? Comment interroger en histoire de l’environnement des objets très classiques comme la Première Guerre mondiale (Saint-Hilaire 2024), l’histoire de la construction de l’État ou encore l’histoire de la construction européenne ? Comment l’histoire environnementale permet-elle de relier des objets séparés, comme le montre aujourd’hui l’histoire du travail/de la santé au travail et l’histoire des débordements/de la santé environnementale (Bécot 2022 ; Cabot 2022) ?

Les réflexions sur les marges, le hors-cadre, ou au contraire la centralité des archives relues au prisme de l’histoire environnementale sont au cœur de ce dernier axe. Il s’agit de réfléchir collectivement à la manière de trouver de nouvelles archives, partager ses méthodes, ses problèmes et ses réflexions, en jouant sur les échelles d’analyse.

Modalités de par.cipation et de candidature

Les propositions de communication (environ 3 000 signes), accompagnées d’une courte présentation biographique et d’une bibliographie indicative, sont à envoyer avant le 15 juillet à l’adresse louis.fagon@univ-lorraine.fr

Les propositions seront étudiées et les réponses communiquées fin juillet 2026.

Les interventions, en français (et possibles en anglais) seront d’une durée de 30 minutes, suivies d’une discussion principalement en français.

Toutes les propositions sur toutes les périodes historiques et tous les espaces européens sont possibles, venant de chercheuses et de chercheurs confirmés comme de jeunes chercheuses et chercheurs.

Les frais de transport et d’hébergement peuvent être pris en charge.

Pour les doctorantes et doctorants/jeunes chercheuses et jeunes chercheurs sans poste : une part du budget vous est réservée pour prendre en charge votre trajet depuis la France métropolitaine, en train, ainsi qu’une ou plusieurs nuitées. Merci de préciser vos besoins si vous êtes dans cette catégorie ; la prise en charge complète est possible.

Bibliographie

BARLES Sabine, « Métabolisme urbain, transitions socio-écologiques et relations villecampagne », Pour, 2018, vol. 236, no 4, p. 49-54.

BECOT Renaud, DEVIENNE Elsa, FOURNIER Patrick, FRIOUX Stéphane, MATHIS Charles-François et RAINHORN Judith (eds.), Le chemin, la rive et l’usine. Faire de l’histoire environnementale avec Geneviève Massard-Guilbaud, Paris, Les Presses des Mines, 2023.

BECOT Renaud. « L’histoire environnementale au travail ». Écrire l’histoire environnementale au XXIe siècle, édité par Stéphane Frioux et Renaud Bécot, PUR, 2022, p. 27-44.

CABOT Bastien, Écopolitiques ouvrières : enquête socio-environnementale dans les mines de charbon du Nord-Pas-de-Calais (fin XIXe-début XXe siècle), Thèse en histoire, EHESS, 2022.

CRONON William, Nature’s Metropolis: Chicago and the Great West, New York, W. W. Norton & Company, 1991.

FRIOUX Stéphane et BECOT Renaud, Écrire l’histoire environnementale au XXIe siècle : sources, méthodes, pratiques, Rennes, PUR, 2022.

GAGNEPAIN, Yaël, Entre accaparement et contamination : l’appropriation industrielle de l’hydrographie à Roubaix Début du XIXe siècle – Milieu du XXe siècle, Thèse en histoire, Université de Lille, 2023.

GRANCHER Romain et RIVOAL Solène (eds.), Dernière frontière. Une histoire environnementale du fond de la mer, Paris, Champ Vallon, 2025.

MATAGNE Patrick (ed.), La nature en ville : Sociétés savantes et pratiques naturalistes (XIX-XXIe siècles), Champs-sur-Marne, LISAA, 2022.

MATHIS Charles-François et PEPY Emilie-Anne, La Ville végétale. Une histoire de la nature en milieu urbain (France, XVIIe-XXIe siècle), Ceyzérieu, Champ Vallon, 2020.

REVEL Jacques (dir.), Jeux d’échelles. La micro-analyse à l’expérience, Paris, Seuil, 1996.

SAINT-HILAIRE Olivier, Pollution des sols déchets de guerre : une histoire environnementale, économique et anthropologique du désobusage (1914-2019), Thèse en histoire, EHESS, 2024.

TOMPKINS Andrew S., Better Active than Radioactive! Anti-Nuclear Protest in 1970s France and West Germany, Oxford, Oxford University Press, 2016.

VAILLOT Benoît, « Les frontières environnementales en Europe », EHNE, 2022, en ligne.

Appel à communications – Journée d’études “Sport et environnement : tensions historiques, 1900-2024”

Date : 9 octobre 2026

Lieu : Université Lumières Lyon II

Date limite pour soumettre une proposition : 3 juillet 2026

Activité sociale et médiatique d’ampleur planétaire, le sport s’est, comme bien d’autres pratiques sociales (tourisme, alimentation, etc.) retrouvé soumis aux débats sur la transition écologique des sociétés occidentales depuis le début du XXIe siècle. De fait, l’empreinte environnementale des grands rassemblements sportifs apparait aujourd’hui indéniable : en France, le Commissariat général au développement durable rappelle dans un bilan dressé en avril 2025 que les Jeux olympiques et paralympiques (JOP) de Paris en 2024 ont engendré un peu plus de deux millions de tonnes de CO2, un bilan malgré tout meilleur que celui des éditions précédentes, avec 3,3 millions de tonnes pour les JOP de Londres en 2012 et 4,5 millions de tonnes pour ceux de Rio en 2016[1].

Au-delà de ces méga-événements sportifs, la démocratisation des pratiques sportives au cours du XXe siècle est allée de pair avec une massification des sports, désormais pratiqués par des centaines de millions de personnes à travers le monde. Cette massification est synonyme d’une multiplication des installations et équipements sportifs – certains durables, d’autres temporaires – ainsi que d’une intensification des transports liée aux déplacements des joueurs et supporters à l’échelle globale. Les JOP de Milan-Cortina en février 2026 ont par exemple attiré près de 800 000 spectateurs étrangers, des trajets qui alourdissent considérablement le bilan carbone des Jeux[2].

À l’inverse, la crise environnementale n’épargne pas le milieu sportif, puisque le dérèglement du climat observé par la communauté scientifique depuis au moins une trentaine d’années oblige les sportives et sportifs à modifier, parfois considérablement, leurs pratiques. En témoignent les épisodes caniculaires concomitants aux grandes réunions sportives, telle la vague de chaleur qui a frappé le tournoi de Roland Garros en mai 2026, évènement inédit pour la saison, ou le manque de neige qui impacte les compétitions de sport d’hiver. Ces contingences thermiques inhabituelles obligent les organisations sportives à concevoir des dispositifs ad hoc ; ainsi, l’Association of Tennis Professionals (ATP) en charge du tennis professionnel a mis en place une série de mesures visant à mieux protéger les joueuses et joueurs en cas de températures excédant 30 °C sur les courts[3].

L’objectif de cette journée d’études est d’apporter un éclairage historique à ces débats d’actualité en revenant sur les tensions inhérentes entre pratiques sportives et environnement sur le temps long, du début du XXe siècle à nos jours. Prenant place dans le cadre du projet SPORTENVIR (2025-2026) de l’université Lyon 2, cet évènement scientifique s’inscrit dans la lignée des récents travaux aussi bien francophones qu’anglophones en matière d’histoire environnementale des sports ; nous renvoyons ici à la bibliographie indicative en fin d’appel. Si les bornes chronologiques choisies correspondent à deux grands moments olympiques – des JO parisiens de 1900 à ceux de 2024 – les contributions attendues n’ont pas vocation à se limiter exclusivement à l’histoire environnementale des grands évènements sportifs, tels les jeux olympiques ou les coupes du monde de football. Il s’agit, plus largement, d’interroger les rapports qu’entretiennent le sport et l’environnement au cours de l’histoire. Pour ce faire, nous invitons les candidat-e-s à inscrire leurs propositions de communication parmi les trois axes suivants :

Axe n°1 : les représentations de la nature dans la pratique sportive Cet axe prend pour point de départ – sans s’y limiter – le paradoxe mis en lumière par les historiens PearlAnn Reichwein, Pierre-Olaf Schut et Grégory Quin dans un article de 2024, entre « adulation » et « altération » de la nature dans l’imaginaire sportif[4]. Les contributions devront interroger ce paradoxe afin de mieux saisir la manière dont certaines pratiques sportives, et particulièrement pour les sports dits de nature ou de plein air, influent sur la perception paradoxale qu’ont les pratiquants de leur environnement, tiraillé entre leur désir de préserver les espaces naturels où se déroulent leurs sports – que ce soit en montagne, en milieu rural ou encore en zone littorale – et les inévitables conséquences qu’ont ces sports sur l’environnement.

Axe n°2 : Infrastructures sportives et impact environnemental Cet axe est consacré aux aspects matériels des pratiques sportives, plus ou moins consommatrices d’espace et de matériaux. L’empreinte des sports sur le paysage devient d’autant plus marquée à partir des années 1960 et 1970, avec la massification des infrastructures sportives encouragée par les sociétés et État occidentaux. En témoigne l’exemple français durant les Trente glorieuses : développement des stations de ski en montagne, opération mille piscines, circulaire des 5 000 courts, plans verts pour le golf, etc. Cet axe est aussi l’occasion d’étudier les conflits d’usage et d’utilisation engendrés par ces infrastructures. Peuvent être par exemple traitées ici les mobilisations d’organisations militantes écologistes ou organisations de voisinage opposées à l’implantation de projets sportifs particulièrement polluants, à des pratiques amateures comme les sports motorisés (moto trial dès la fin des années 1970, rallyes automobiles) ainsi que les conflits opposant différents sports quant à la revendication de certains espaces naturels, par exemple entre pêche et sports nautiques motorisés sur certains lacs ou bases nautiques.

Axe n°3 : Les réglementations et l’action publique environnementales dans le domaine du sport Ce troisième thème invite à mettre au centre de l’étude les acteurs politiques, administratifs et associatifs impliqués dans l’élaboration de cadres juridiques visant à encadrer au mieux les pratiques sportives, à l’instar de la loi Lalonde de 1991 qui limite la pratique des sports motorisés en pleine nature. Sont bienvenues les contributions dédiées aux différents accords et chartes passés entre l’État et les différentes fédérations sportives pour une pratique plus respectueuse de l’environnement. En outre, les communications pourront interroger la promotion des sports dit « verts » ou de plein air (« outdoor ») à différentes échelles, par exemple au sein des parcs naturels régionaux (PNR) qui deviennent des acteurs incontournables en matière de sports de pleine nature à partir des années 1970.
Modalités de soumission : Les propositions de communication ne devront pas excéder 5000 signes (espaces compris) et devront comporter une brève présentation de leur autrice/auteur ainsi qu’un descriptif succinct des sources envisagées. La date butoir pour l’envoi des propositions est fixée au 3 juillet 2026. La sélection des communications sera effectuée au plus tard le 16 juillet 2026. Les communications orales ne devront pas dépasser 25 minutes. Les propositions doivent être envoyées à stephane.frioux@univ-lyon2.fr<mailto:stephane.frioux@univ-lyon2.fr> et alexandre.lauverjat@univ-lyon2.fr<mailto:alexandre.lauverjat@univ-lyon2.fr>. Les frais de déplacement et d’hébergement seront pris en charge par le budget du programme SPORTENVIR. Les propositions en langue anglaise sont bienvenues, mais la majorité des discussions se tiendront en français.

Bibliographie indicative :

Cherrington Jim et Jack Black (dir.), Sport and physical activity in catastrophic environments, Abingdon/New York, Routledge, 2023.

Franco Caterina, « Histoire environnementale et histoire du tourisme en montagne : vers la construction d’une connaissance nouvelle ? Une étude de l’architecture des stations de sports d’hiver dans les Alpes franco-italiennes », Revue de géographie alpine [en ligne], vol. 109 n°4, 2021. URL: journals.openedition.org/rga/9352

Mayencourt Gil, Sébastien Cala, Anna Amacher Hoppler et Claude Hausser (dir.), Pouvoir et emprise du sport : Pour une histoire croisée du tourisme et du sport depuis le XIXe siècle, Neuchâtel, Éditions Alphil – Presses universitaires suisses, 2024.

Claire Milon, « Les premières années du club vosgien (1872-1914). Étude d’une appropriation du massif vosgien à travers la randonnée », Source(s), n°21, 2023, p. 101-127.

Pabion Lionel, « Toujours plus vite, plus haut, plus fort ? Pour une histoire environnementale du sport », 20 & 21. Revue d’histoire, n°165, 2025/1, p. 151-164.

Pabion Lionel et Philippe Vonnard, « L’empreinte environnementale des Jeux olympiques : un aperçu historique », Regards croisés sur l’économie, 2024/2, n°35, p. 101-112.

Quin Grégory, Laurent Tissot et Jean-Philippe Leresche, La civilisation du ski. Une autre histoire de la Suisse, Lausanne, EPFL Press, 2025.

Reichwein PearlAnn, Pierre-Olaf Schut et Grégory Quin, « Nature Sport and Environmental History: Adulation or Alteration of Nature? », Sport History Review, vol. 55, n°1, 2024, p. 1-12.

Schut Pierre-Olaf, « Outdoor Activities and Urbanization: A Constant Bridging Throughout the Twentieth Century in France », The International Journal of the History of Sport, vol. 34, n°14, 2017, p. 1521-1540.

Vonnard Philippe, « Quand l’argument environnemental fait capoter le rêve olympique. L’exemple de la candidature de Lausanne aux Jeux olympiques d’hiver de 1994 », Histoire, économie & société, 2024/1, p. 125-144.